6 conseils pour arriver à louer un appartement

En France, deux tiers des locataires passent par un agent immobilier. La pénurie nationale de logements locatifs privés oblige ces locataires à impressionner l’agent immobilier pour obtenir une propriété – leur candidature doit se démarquer des autres.

Une analyse des articles publiés sur les principaux sites immobiliers en ligne identifie six aspects des interactions entre l’agent immobilier et le locataire qui influent sur la capacité du locataire à obtenir un logement locatif. Mes recherches révèlent le pouvoir de l’agent sur le locataire. Les agents stigmatisent fortement certaines caractéristiques des locataires pendant la recherche d’un logement.

Ces articles sur l’immobilier ne reconnaissent généralement pas les problèmes systémiques de la pénurie de logements en France. Alors que les logements occupés par leur propriétaire deviennent de plus en plus inabordables et que les logements publics sont de moins en moins disponibles, divers types de ménages sont en concurrence sur un marché locatif privé très demandé.

Les ménages ont un capital économique, culturel et social différent. Cela désavantage certains candidats à la location d’un bien immobilier. Mais les sites immobiliers présentent la question de la sécurité du logement locatif comme un problème individuel qui peut être facilement surmonté dès lors qu’un locataire comprend comment mettre en avant ses caractéristiques souhaitables lorsqu’il postule pour un bien locatif.

Comment les agents immobiliers évaluent-ils les locataires ?

animal de compagnie et recherche de location
animal de compagnie et recherche de location

Lors de l’évaluation d’une demande de location, les deux qualités les plus importantes recherchées par un agent immobilier sont la capacité du locataire à payer le loyer à temps et sa capacité et/ou sa volonté de prendre soin de la propriété louée.

En outre, la capacité d’un locataire à impressionner l’agent immobilier est importante. Mes recherches ont permis d’identifier six aspects des interactions entre l’agent et le locataire qui influent sur la capacité à obtenir un bien locatif :

  • la responsabilité – des références positives de la part d’agents et/ou de propriétaires précédents permettent de le démontrer
  • faire bonne impression – s’habiller convenablement et être à l’heure pour les inspections, s’engager avec l’agent et présenter un formulaire de demande facile à lire et sans erreur
  • relations établies – une relation déjà établie avec l’agent ou le propriétaire améliore les chances du locataire
  • honnêteté – les locataires sont encouragés à être honnêtes avec leur agent au sujet de leur style de vie
  • la flexibilité – être flexible sur la durée du bail et le coût du loyer
  • la créativité – par exemple, apporter des petits gâteaux lors d’une inspection de la location.

Grâce à ces interactions, les locataires peuvent mettre en avant leurs caractéristiques souhaitables tout en minimisant leurs caractéristiques indésirables.

Le processus de sélection renforce le désavantage

La capacité à faire bonne impression sur l’agent, cependant, repose en grande partie sur divers facteurs qui désavantagent certains locataires.

Un animal de compagnie, aussi mignon soit-il, a peu de chances de vous aider à obtenir une location. 

Par exemple, les locataires sont informés que plusieurs facteurs liés au mode de vie peuvent entraver leur capacité à sécuriser une propriété. Il s’agit notamment des animaux domestiques, des enfants à charge, de l’âge, d’un historique de location négatif et d’autres colocataires potentiels.

Les locataires victimes de discrimination

Ces résultats correspondent à ceux d’une enquête Française sur les locataires privés, commandée par Choice, National Shelter et la National Association of Tenant Organisations. Cette enquête a révélé que 50 % des locataires ont été victimes de discrimination dans le secteur locatif privé. Il s’agit notamment de discriminations fondées sur : les animaux de compagnie (23%), le fait de recevoir des aides publiques (17%), l’âge (14%), le fait d’avoir de jeunes enfants (10%), le fait d’être parent isolé (7%), le fait de devoir recourir à un emprunt obligataire (5%), le sexe (5%), le handicap (5%) et la sexualité (2%).

En outre, lorsqu’il s’agit de faire bonne impression, certains locataires sont nettement avantagés. Par exemple, des facteurs tels que la maîtrise du français et la capacité à « s’habiller pour impressionner » sont souvent le reflet du capital économique et culturel.

Les articles supposent que la présentation d’un formulaire de demande sans fautes d’orthographe et de grammaire est simplement une question d’un peu plus de soin. Cependant, un migrant nouvellement arrivé peut trouver cela difficile, non pas par paresse mais parce qu’il ne maîtrise peut-être pas encore le français.

Les articles soulignent également l’importance de la volonté du locataire de faire preuve de flexibilité. La flexibilité est présentée de la manière suivante

  • lorsque la demande de biens est élevée, il est conseillé aux locataires de proposer un loyer plus élevé
  • lorsqu’un locataire n’a pas d’antécédents de location, il lui est conseillé de proposer de payer le loyer à l’avance

il est également conseillé aux locataires de répondre aux besoins de l’agent immobilier et du propriétaire en faisant preuve de souplesse quant à la durée du bail.

La capacité des locataires à faire preuve de souplesse à cet égard varie considérablement. Par exemple, tous les locataires n’ont pas les moyens d’offrir un loyer plus élevé ou de payer le loyer à l’avance. La capacité à faire preuve de souplesse quant à la durée du bail varie également en fonction des circonstances individuelles.

Mes recherches montrent que le processus d’obtention d’un bien locatif pourrait renforcer le désavantage de certains locataires. Cela soulève une question importante. Lorsque le logement locatif privé est la seule option, qu’arrive-t-il aux locataires qui n’impressionnent pas l’agent immobilier ?